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Une vingtaine d’accords depuis début juillet
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Une vingtaine d’accords depuis début juillet

Depuis le début du mois du juillet, la sphère biopharmaceutique européenne a enregistré l’annonce d’une vingtaine d’accords notamment dans les domaines du cancer, du diabète, de l’asthme, des maladies infectieuses, des maladies neurodégénératives et des maladies rares.

Asthme – Maladies inflammatoires

Prosonix, société britannique spécialisée dans le développement de traitements des maladies respiratoires par voie inhalée, s’est associée à l’Imperial College de Londres pour accélérer le développement de sa gamme PSX2000 MCP (particules multicomposants développées à partir des technologies Umax® et Discus® de Prosonix et permettant de combiner deux principes actifs dans une formulation). Plusieurs combinaisons de médicaments à visée respiratoire (corticostéroïdes inhalés, bêta agonistes à longue durée d’action et antagonistes des récepteurs muscariniques à longue durée d’action) sont en cours de développement chez Prosonix pour le traitement de l’asthme et de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Sont notamment en cours d’évaluation des combinaisons fluticasone (Advair® – GSK)/salmeterol (Seretide® – GSK) et budesonide/formoterol (Symbicort® – AstraZeneca). Cette collaboration avec l’Imperial College vise à étudier les combinaisons de la gamme PSX2000 MCP sur des modèles in vitro et in vivo de poumons, l’objectif étant d’amener plusieurs candidats en phase préclinique et/ou au stade de la preuve du concept en 2013.

Depuis le début de l’année, l’asthme a ainsi été au coeur de trois accords faisant intervenir au moins un partenaire européen. Il s’agit notamment de l’accord conclu en avril par l‘américain Amgen et le britannique AstraZeneca pour le développement et la commercialisation de cinq anticorps monoclonaux du portefeuille d’Amgen. Parmi ces cinq anticorps, l’AMG 157 est évalué en phase 1b pour le traitement de l’asthme. Son développement et sa commercialisation seront pris en charge par AstraZeneca qui a également signé le mois dernier un accord de licence avec l’américain Rigel Pharmaceuticals pour le développement et la commercialisation du R256, candidat au traitement des formes modérées à sévères de l’asthme. Enfin, BioFocus, filiale britannique du groupe belge Galapagos, a signé en mai dernier un accord avec le japonais Ono Pharmaceutical pour l’identification de nouvelles cibles dans le domaine des maladies allergiques dont l’asthme.

En Suède, Swedish Orphan Biovitrum (Sobi) renforce son potentiel dans le domaine des maladies inflammatoires dans lesquelles l’interleukine-1 est impliquée. La société vient de signer un accord avec son compatriote Affibody pour l’identification et le développement de nouveaux médicaments candidats au traitement de ces pathologies. Alors qu’Affibody appliquera ses technologies propriétaires à l’identification et au développement de candidats dirigés contre une série de protéines cibles impliquées dans la régulation de la réponse immunitaire et des processus inflammatoires, Swedish Orphan Biovitrum prendra en charge le développement clinique des candidats issus de cette collaboration. Parallèlement, on notera que la société suédoise vient de déposer à la FDA une demande pour l’autorisation de son traitement de la polyarthrite rhumatoïde Kineret® (anakinra – forme recombinante du récepteur de l’interleukine-1) dans une nouvelle indication. Ici, le dossier déposé concerne une maladie inflammatoire rare appartenant au groupe des syndromes périodiques liés à la cryopyrine, le syndrome CINCA (syndrome Chronique, Infantile, Neurologique,Cutané et Articulaire – Neonatal Onset Multisystemic Inflammatory Disease [NOMID]).

Cancer

Le groupe allemand Merck KGaA vient d’étendre son accord avec le belge MDX Health au développement et à la commercialisation de son test de prédiction de la réponse au traitement chez des patients atteints de glioblastome, PredictMDx™ for Glioblastoma. Alors que Merck KGaA a déjà utilisé ce test pour la stratification des patients devant être inclus dans son étude de phase 3 avec le cilengitide, les deux sociétés vont maintenant le développer en tant que diagnostic compagnon associé à ce candidat médicament. Une fois les autorisations obtenues pour les deux produits, l’objectif est de parvenir au lancement simultané du cilengitide et de son diagnostic compagnon.

Dans ce domaine, le groupe néerlandais Qiagen vient d’obtenir la première autorisation d’un de ses diagnostics compagnons aux Etats-Unis. La FDA a donné son feu vert à l’utilisation de son test génétique therascreen KRAS RGQ PCR pour identifier les patients atteints de cancer colorectal susceptibles d’être traités par Erbitux®. On notera par ailleurs que  le singapourien Volitrion Rx a choisi de collaborer avec l’université de Bonn pour l’évaluation clinique d’une de ses gammes de tests sanguins pour le dépistage de cancers et pour la prédiction de l’efficacité de chimiothérapies anticancéreuses.

L’allemand Medigene a cédé à Syncore Biotechnolgy, filiale du groupe taïwanais Sinphar Pharmaceutical, des droits exclusifs pour le développement et la commercialisation d’Endotag-1® (formulation de paclitaxel à délivrance ciblée) en Asie, en Australie et en Nouvelle Zélande. Syncore prendra en charge la partie asiatique de l’étude de phase 3 prévue par Medigene pour la demande d’autorisation du produit dans le traitement du cancer du sein “triple négatif”.

Enfin, le suisse ADC Therapeutics (ADCT) et le britannique Cancer Research Technology (CRT) ont décidé d’associer leurs technologies pour le développement d‘anticorps conjugués. Créée au printemps, la société suisse financera les études pré-cliniques des candidats que les deux partenaires mettront au point à partir de l’application de ses techniques de couplage à des anticorps et des peptides appartenant à CRT.

Diabète

Déjà partenaire de quelques uns des principaux groupes pharmaceutiques mondiaux (Pfizer, Boehringer Ingelheim, Roche, Novartis, AstraZeneca…), l’allemand Evotec va dorénavant collaborer aussi avec Janssen Pharmaceuticals. La filiale de Johnson&Johnson vient de conclure un accord de licence et de collaboration avec CureBeta, initiative lancée l’année dernière par Evotec, l’université d’Harvard et le Howard Hughes Medical Institute. Cet accord lui donne accès au portefeuille de produits développés dans le cadre de CureBeta pour la régénération des cellules ß productrices d’insuline.

On notera également que GSK progresse vers le dépôt de la demande d’enregistrement de l’albiglutide, candidat au traitement du diabète de type 2. Le groupe britannique vient de finaliser l’ensemble du programme clinique de phase 3 destiné à évaluer l’efficacité, la tolérance et l’innocuité du produit et prévoit maintenant de commencer la soumission de son dossier d’enregistrement début 2013. De plus, cette molécule développée en partenariat avec l’américain Human Genome Sciences (HGS) devrait devenir rapidement la propriété exclusive de GSK, puisque l’offre d’achat hostile lancée en avril par le groupe britannique est en passe de trouver un aboutissement. GSK et HGS viennent en effet de parvenir à un accord prévoyant le rachat du groupe américain pour 14,25 $ par action au lieu des 13 $ initialement proposés, soit un montant total de 2,6 milliards de $.

Maladies infectieuses

AstraZeneca et l’américain Cellworks vont travailler ensemble à la mise au point de nouvelles combinaisons thérapeutiques pour le traitement de la tuberculose. Il s’agit notamment de développer de nouvelles approches pour gérer la tuberculose multirésistante et d’identifier, à partir du porte-feuille d’agents anti-infectieux existants, des combinaisons plus efficaces que celles utilisées actuellement.

On relèvera également les premiers résultats de phase 3 de l’inhibiteur d’intégrase dolutegravir développé par Shionogi-ViiV Healthcare, joint venture entre le japonais Shionogi et ViiV Healthcare, structure spécifiquement dédiée au VIH que GSK et Pfizer ont créée en 2009. Les données recueillies indiquent que le traitement à base de dolutegravir présente sur 48 semaines une efficacité supérieure à celle de la trithérapie Atripla®.

Maladies neurodégénératives

Toujours chez AstraZeneca, un des derniers accords signés par le groupe britannique concerne l’acquisition auprès de Link Medicine d’un porte-feuille d’actifs, candidats au traitement de maladies neurodégénératives. Alors que ces pathologies se caractérisent notamment par l’accumulation et l’agrégation de protéines présentant des défauts de repliement, les mécanismes visés ici sont ceux de l’autophagie, processus intracellulaire impliqué dans le renouvellement et le recyclage des protéines. Le programme acquis par AstraZeneca inclut une série de petites molécules ciblant une enzyme impliquée dans la régulation de ce processus, la farnesyltransférase.

Maladies rares

Orphan Europe, qui fait partie du groupe italien Recordati, a signé un accord conférant au canadien Medunik des droits exclusifs pour la commercialisation et la distribution au Canada de traitements pour quatre maladies rares, la porphyrie hépatique aiguë, l’hyperammoniémie due à un déficit en N-Acétylglutamate synthase, la persistance du canal artériel et la cholestase chronique avec une carence en vitamine E.

On relèvera également que CYT107, interleukine-7 recombinante humaine glycosylée développée par le français Cytheris vient d’obtenir le statut de médicament orphelin en Europe pour le traitement de la leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP), maladie démyélisante du système nerveux central, causée par le virus John Cunningham. L’avis favorable du comité sur les médicaments orphelins de l’agence européenne du médicament avait été délivré en mai dernier. Par ailleurs, Cytheris, maintenant dirigée par Damian Marron (photo), a choisi de recentrer et d’accélérer le développement de CYT107 sur deux indications majeures, dont la leucoencéphalopathie multifocale progressive. Une étude pivot visant à suivre une soixantaine de patients en Europe et aux Etats-Unis est actuellement en préparation. La deuxième indication porte sur la réduction des complications sévères chez les patients infectés par le VIH et non-répondeurs immunologiques (HIV-INR) sous traitement anti-rétroviral. Plusieurs études de phase 2 (Inspire1, Inspire2, Inspire3) sont en cours et la société travaille actuellement sur la conception d’une étude de phase 3 dans cette indication.

Pathologies non citées

Le développement d’anticorps bispécifiques (anticorps capables de reconnaître et de se lier à deux cibles thérapeutiques différentes) fait l’objet du partenariat que viennent de signer le danois Genmab et Janssen Biotech, filiale de Johson&Johnson. Les deux sociétés vont développer de concert jusqu’à dix programmes d’anticorps bispécifiques dirigés contre des cibles identifiées par Janssen Biotech. Enfin, l’allemand Boehringer Ingelheim vient d’établir une collaboration avec le Harvard College afin d’identifier et d’étudier de nouvelles cibles et de nouvelles voies de signalisation dans les domaines de l’oncologie, des maladies cardiométaboliques, des maladies fibrotiques et des maladies infectieuses. Un comité associant l’industriel et les représentants de différentes institutions affiliées à Harvard assurera la sélection des projets de recherche qui seront financés dans ce cadre. Huit programmes ont d’ores et déjà été retenus et concernent notamment les processus fibrotiques, la survie des cellules souches cancéreuses et la réplication virale.

Prestataires scientifiques et technologiques

Du côté des sociétés prestataires de services scientifiques et technologiques, on relèvera que la lyonnaise Calixar et la grenobloise Synthelis ont décidé d’associer leurs expertises pour proposer une offre de services complète dans le domaine des protéines membranaires. Il s’agit de fournir aux chercheurs et aux industriels une gamme complète depuis l’isolement, la purification, la cristallisation et la caractérisation fonctionnelle jusqu’à la production et la vectorisation de ces protéines. Ces deux jeunes sociétés créées toutes deux en janvier 2011 ont prévu la mise en  place d’actions de promotion et de marketing communes et prévoient de développer cette offre non seulement en Europe mais aussi à destination de l’Amérique du Nord et de l’Asie. Enfin, tebu-bio, le distributeur de réactifs et de services de laboratoire en sciences de la vie, vient de conclure un accord avec Smartox Biotechnology, pour la distribution des toxines peptidiques de serpents, de scorpions et de mollusques produites par la société grenobloise.

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