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Sanofi s’intéresse aux venins de Smartox
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Sanofi s’intéresse aux venins de Smartox

Serpents, araignées, lézards, grenouilles, cônes de mer et autres méduses… Si ces animaux sont généralement sources de rejet pour le commun des mortels, leurs venins, qui peuvent contenir jusqu’à 500 molécules différentes, constituent de véritables trésors pour la pharmacopée. En sont d’ores et déjà issus des médicaments tels que l’antidiabétique Byetta® (exanatide) dérivé d’un peptide de vénin de lézard, l’antihypertenseur captopril obtenu à partir d’un peptide de venin de vipêre ou encore le traitement de la douleur Prialt® (ziconotide) qui provient du cône de mer. Avec un réservoir de près de 170 000 espèces venimeuses et 40 millions de peptides, le potentiel s’avère certes considérable mais nécessite une expertise pointue pour caractériser, étudier, purifier, synthétiser et optimiser de futurs candidats médicaments. C’est sur ce segment spécialisé qu’a choisi de se positionner Smartox Biotechnology.

Créée en avril 2013 sur la base des travaux de Michel de Waard à l’Institut des Neurosciences de Grenoble, cette jeune société vient de signer son premier contrat majeur avec Sanofi pour l’identification de nouvelles molécules thérapeutiques à partir de venins d’animaux. Dans le cadre de cette collaboration, Smartox Biotechnology est chargée de fournir à Sanofi des venins « prêts à l’emploi » pour la réalisation de criblages à haut débit. Les molécules sélectionnées par le groupe pharmaceutique seront ensuite caractérisées, synthétisées et optimisées par Smartox. « Les peptides des venins comptent en général de 30 à 60 acides aminés et peuvent être produits par synthèse chimique. Les étapes de repliement (refolding), indispensables pour obtenir des peptides actifs, sont en revanche plus complexes et nous avons développé nos propres technologies propriétaires pour reproduire ces toxines peptidiques », explique Aurélien Claeyssen, responsable marketing de Smartox Biotechnology (photo). Ces peptides synthétiques optimisés seront ensuite repris en charge par Sanofi pour leur développement pré-clinique et clinique.

Alors que les activités de la société s’étaient concentrées jusqu’à présent sur la valorisation de son expertise de la synthèse de peptides de venin, via la commercialisation d’un catalogue d’une soixantaine de toxines auprès de laboratoires de recherche publics et privés, ce premier partenariat d’envergure marque une nouvelle phase dans le développement de Smartox Biotechnology. « Nous voulons développer nos partenariats avec l’industrie pharmaceutique en lui proposant de cribler nos banques de peptides puis de synthétiser et d’optimiser les hits qu’elle aura sélectionnés » , précise Aurélien Claeyssen. Enfin, la société poursuit ses propres programmes de recherche en oncologie avec trois laboratoires académiques. Sont notamment ciblés ici des peptides pouvant être utilisés pour le traitement du cancer du sein, du cancer de la prostate ou de la leucémie myeloïde chronique.

Anne-Lise Berthier


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