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Paris, première place boursière européenne pour la biotech
Analyses

Paris, première place boursière européenne pour la biotech

Paris est aujourd’hui la première place boursière en Europe pour les sociétés de biotechnologie, selon l’étude que la société de conseils et d’édition allemande Biocom AG vient de présenter au German Equity Forum 2014. L’analyse qui compare l’attractivité des 15 principales bourses européennes montre une nette reprise de l’intérêt des investisseurs pour le secteur biotech (1). Si la Bourse a permis d’injecter huit milliards d’euros depuis 2009 dans les biotech européennes, le quart de ce montant a été réuni au cours des neuf premiers mois de 2014, surpassant d’ores et déjà les 1,89 milliard d’euros collectés en 2013. Avec dix opérations en neuf mois, 2014 confirme également qu’elle sera une année record pour les introductions en bourse de sociétés européennes (BioPharmAnalyses n°75). A titre de comparaison, la période 2009-2013 n’en a enregistré que sept.

32 biotech cotées à Paris

L’enquête de Biocom montre le dynamisme de la place boursière parisienne. Si Paris et Londres sont les deux seules places européennes comptant plus de 20 sociétés cotées, Paris, avec 32 sociétés cotées, surpasse maintenant la place londonienne et ses 29 biotech listées. Euronext Paris arrive également en tête des introductions en Bourse. 17 des 36 entreprises entrées en Bourse depuis 2009 ont opté pour Paris où elles ont obtenu 319 millions d’euros, soit plus de 37 % des 852 millions d’euros réunis via ces opérations. C’est également Euronext qui, avec un montant moyen de 38 millions d’euros, décroche le premier rang pour le niveau des financements secondaires (follow-on funding) devant le marché d’Europe du Nord, Nasdaq OMX (27,9 millions d’euros) et Francfort (21,3 millions d’euros). Alors que ces résultats traduisent la maturité croissante du secteur biotech français, Euronext reste néanmoins en retrait sur l’AIM en termes de montants levés à l’occasion des IPO. Une société s’introduisant sur l’AIM a ainsi levé en moyenne 75,6 millions d’euros, contre 46,2 millions d’euros sur le Nasdaq OMX et 28,8 millions d’euros à Paris. Intervient probablement à ce stade la visibilité internationale que peut procurer la place londonienne, tandis que les principaux atouts de Paris résident dans les dispositifs de la jeune entreprise innovante (JEI) et du crédit-impôt recherche (CIR) et dans l’effet de levier des investissements de Bpifrance dans les secteurs biotech et medtech.

 Une capitalisation européenne de 61 milliards d’euros

Enfin, la palme revient à la Suisse pour le volume moyen des transactions, devant la Bourse d’Oslo et Euronext. Pour Biocom, les bonnes performances suisses emmenées notamment par Santhera Pharmaceuticals et la récente arrivée du prometteur Molecular Partners ainsi que le nombre d’introductions en Bourse sur Euronext depuis deux ans montrent une vraie reprise du secteur biotech européen. Néanmoins, l’étude indique que l’Europe demeure très en deça des Etats-Unis, où Biocom dénombre quasiment 2,5 fois plus de biotech en Bourse et 133 IPO en l’espace de six ans. L’écart en termes de capitalisation se maintient lui aussi aux niveaux très élevés observés depuis déjà plus d’une décennie entre les bioindustries américaine et européenne. Les 339 biotech cotées aux Etats-Unis totalisent une capitalisation de 633 milliards d’euros tandis que celle des 144 entreprises cotées sur les places européennes n’atteint que 60,9 milliards d’euros. La capitalisation est ainsi inférieure à 100 millions d’euros pour la moitié des biotech européennes cotées et celle-ci n’excède un milliard que pour 14 d’entre elles. Parmi ces entreprises, on compte quelques uns des « poids lourds » déjà reconnus du secteur tels qu’Actelion, bioMérieux, Eurofins Scientific, Genmab, Morphosys, Novozymes, Qiagen et Swedish Orphan Biovitrum.

Enfin, l’enquête de Biocom confirme que la biotech reste un secteur « niche » sur des marchés européens qui restent animés essentiellement par les fonds de pension et les grandes sociétés d’investissement, sans réussir pour autant à attirer les fonds généralistes. Sur la période étudiée, on notera que cinq des principaux investisseurs dans la biotech européenne sont des fonds américains, avec en tête YA Global Masters (11 investissements), Invesco (10), Aviva (9), JP Morgan (8) et Baillie Gilford (7). Les cinq autres sont les suédois Avanza Pension (9) et Nordnet Pensionsförsakring (8), les français Caisse des Dépôts et Consignations, maintenant Bpifrance (8) et Auriga Partners (7), ainsi que le britannique Henderson Global Investors (7).

Anne-Lise Berthier

(1) L’étude concerne les 15 places européennes dénombrant un minimum de huit sociétés biotech cotées (Euronext, AIM, Nasdaq OMX, Francfort Stock Exchange, Alternext, Oslo Bors, Swiss  Exchange SIX, Warsaw Stock Exchange, Nasdaq OMX First…).

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