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Cinq bougies pour InnaVirvax
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Cinq bougies pour InnaVirvax

Cinq ans après sa création en mars 2008, InnaVirVax peut se targuer d’être parvenu à une progression clinique probante sur la base de l’élucidation d’un mécanisme biologique inédit. A l’origine de cette jeune société française, les travaux menés à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière par le professeur Patrice Debré et par Vincent Vieillard qui ont éclairé d’un jour nouveau la compréhension de l’effondrement du système immunitaire associé au VIH. Alors que la baisse des lymphocytes T CD4+ constitue une des manifestations majeures de l’infection, ces chercheurs ont pu démontrer que cette chute est provoquée par une dérégulation de l’immunité innée. C’est à partir de l’identification des principaux facteurs impliqués dans ce mécanisme, à savoir un court fragment d’une des protéines d’enveloppe du VIH, le peptide 3S, et un ligand de cellules natural killer présent à la surface des CD4+, qu’a pu être développée une nouvelle approche vaccinale basée cette fois sur la protection du système immunitaire et non plus sur la lutte directe contre l’agent infectieux, à l’instar d’une vaccination « classique ». Baptisée VAC-3S, cette immunothérapie devrait agir en complément des antirétroviraux. De plus, cette approche d’immunothérapie pourrait participer à une évolution majeure du traitement des infections par le VIH, les spécialistes de la pathologie n’hésitant plus à classer l’atteinte d’une rémission fonctionnelle (functional cure) au rang de leurs objectifs à long terme (1).

Levée en préparation

InnaVirVax a développé le projet VAC-3S pendant trois ans pour ensuite entrer en clinique en mars 2012. Cette étude clinique de phase 1-2a a ainsi été menée chez 24 patients présentant un taux de lymphocytes T CD4+ supérieur à 200/mm3 sous traitement antirétroviral. Les résultats annoncés en novembre dernier par InnaVirVax indiquent que cette première phase a atteint son objectif principal qui consistait à vérifier l’innocuité et la tolérance du produit quatre semaines après la dernière injection. « Nous avons tenu les délais annoncés dans notre business plan initial, explique Joël Crouzet, pdg d’InnaVirVax (photo). Aujourd’hui, l’heure est à la préparation de deux nouvelles études cliniques : une étude de phase 2a pour déterminer la dose optimale du vaccin puis une étude de phase 2b pour bien caractériser l’effet de VAC-3S sur le système immunitaire de patients traités aux antirétroviraux. »

Dans cette optique, la société qui, depuis sa création, a réuni 4,8 millions d’euros auprès de cinq investisseurs français (Cap Decisif 2, Fa Dièse, FRCI (Fonds Régional de Co-Investissement d’Ile-de-France), G1J Ile-de-France et Pradeyrol Développement) prépare maintenant une nouvelle levée de 12 à 15 millions d’euros. Ces fonds sont destinés à financer la phase 2 de VAC-3S ainsi que son projet « frère » DIAG-3S. « Ce projet repose sur le même rationnel scientifique, explique Joël Crouzet. A travers la mesure des anticorps anti3S, l’objectif est d’évaluer le statut du système immunitaire qui a un rôle de pronostic de l’évolution de la maladie. Nous voulons faire des études sur l’utilité clinique de ce test et des discussions ont été engagées pour trouver un partenaire industriel, car il s’agit d’une approche très différente de l’approche thérapeutique. » Cette levée a aussi pour but de financer la recherche amont d’InnaVirVax.

Anne-Lise Berthier

(1) Une étude française publiée dans PloS Pathogens en mars dernier vient de décrire les cas de 14 patients traités très précocément après l’infection par le VIH qui, sept ans et demi après l’arrêt des antirétroviraux, contrôlent leur infection (cohorte ANRS EP47 VISCONTI). Les résultats publiés montrent notamment une diminution du nombre de cellules infectées circulant dans le sang de certains de ces patients. (http://www.plospathogens.org/article/info:doi/10.1371/journal.ppat.1003211)

 


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