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Rapport Beylat-Tambourin sur l’innovation
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Rapport Beylat-Tambourin sur l’innovation

Dans une société et une économie où la capacité d’innovation constitue un facteur déterminant de la compétitivité d’un pays, comment dynamiser la croissance des entreprises innovantes ? C’est cette question majeure que les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et la ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie, Fleur Pellerin ont posée à Jean-Luc Beylat, président d’Alcatel-Lucent Bell Labs France et président du pôle de compétitivité Systematic Paris-Région et à Pierre Tambourin, directeur général de Genopole. Dans leur rapport remis voici quelques jours aux ministres concernés, Jean-Luc Beylat et Pierre Tambourin formulent 19 propositions s’articulant autour de quatre axes principaux, à savoir le développement de la culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat, l’accroissement de l’impact économique de la recherche par le transfert, l’accompagnement de la croissance des entreprises innovantes et la mise en place des instruments d’une politique publique de l’innovation.

Parmi ces recommandations, on relèvera notamment l’accent mis sur la réaffirmation et la clarification de la mission de transfert de la recherche publique, avec notamment la prise en compte des activités de transfert dans l’évaluation de la carrière des chercheurs. La commission présidée par Jean-Luc Beylat et Pierre Tambourin a par ailleurs estimé que priorité devait être donnée à l’exploitation industrielle sur le territoire européen de la propriété intellectuelle de la recherche publique. Une propriété intellectuelle qui reste un des outils cruciaux pour la croissance et le développement des jeunes entreprises innovantes, notamment pour celles qui se créent à partir de la recherche publique… Néanmoins si le diagnostic semble de plus en plus partagé depuis quelques années, il reste manifestement des efforts à réaliser et des barrières culturelles, voire des corporatismes, à faire évoluer. En effet, la simplification de la gestion de la propriété intellectuelle issue des laboratoires de la recherche publique compte toujours au rang des préconisations du rapport… On notera également que les nouvelles structures créés dans le cadre du programme des Investissements d’avenir pour développer la valorisation de la recherche publique, les SATT (société d’accélération du transfert de technologie) devraient, selon le rapport, être focalisées sur la maturation. En matière de financement de l’innovation, le rapport recommande que la Banque Publique d’Investissement (BPI) devienne le “bras armé de l’Etat” et puisse devenir l’opérateur unique pour la consolidation opérationnelle des politiques publiques de financement de l’innovation. Alors que cette mission implique une connaissance fine des différentes mesures en faveur de l’innovation, du crédit-impot recherche (CIR) aux systèmes de fonds propres en passant par les aides régionales à l’innovation,   elle suppose, pour les auteurs du rapport, que la BPI puisse disposer d’une “politique RH propre”.

Enfin, dernière action jugée essentielle par le Rapport_Beylat-Tambourin sur l’innovation, l’organisation d’un “vaste débat public permettant de faire de l’innovation un vrai sujet politique, de faire prendre conscience aux décideurs de la nécessité de placer l’innovation au centre de la politique de l’État”. Et les auteurs de souligner “qu’un tel débat n’a plus eu lieu depuis la loi sur l’Innovation et la Recherche de 1999, dont la principale conséquence a été de libérer la création d’entreprise issue de la recherche publique, et de rapprocher recherche privée et recherche publique en ouvrant la voie à la création des pôles de compétitivité”.


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