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Un nouveau fonds pour CEA Investissement
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Un nouveau fonds pour CEA Investissement

Maillon faible en France, la recherche technologique n’y mobilise que 10 % de l’effort global de recherche, contre 22 % aux Etats-Unis. « C’est elle qui est clairement en décalage par rapport aux Etats-Unis », souligne Bernard Bigot, administrateur général du CEA. C’est donc pour faciliter la diffusion des technologies et renforcer les liens avec l’industrie que la filiale du CEA spécialisée dans l’investissement d’amorçage technologique, CEA Investissement, vient de lancer un nouveau fonds au service des jeunes entreprises innovantes. Baptisé Amorçage Technologique Investissement (ATI), ce fonds est un fonds multisectoriel centré sur les domaines technologiques prioritaires définis par l’Etat au rang desquels figurent la santé, les biotechnologies, les microtechnologies et les nanotechnologies, la medtech.

Le fonds ATI est doté de 38 millions d’euros dont 18 millions apportés par le Fonds national d’amorçage (FNA) créé dans le cadre des Investissements d’Avenir, 13 millions par le CEA et sa filiale CEA Investissement. Les sept millions restants proviennent de trois investisseurs industriels, EDF, Safran et bioMérieux qui contribuent au fonds à hauteur, respectivement, de 4 millions, 2 millions et 1 million d’euros. Pour le groupe  bioMérieux qui collabore avec le CEA depuis plus d’une dizaine d’années à travers plusieurs unités mixtes de recherche à Saclay et à Grenoble, cette implication supplémentaire aux côtés de l’organisme de recherche publique s’explique notamment par la perméabilité de plus en plus grande des technologies, que celles-ci soient bio, micro ou nano. On peut donc supposer que les entreprises retenues incluront des sociétés présentant des projets à l’interface entre ces différentes technologies. L’autre intérêt d’une participation de grands groupes à ces fonds réside également dans la proximité qu’elle leur offre avec de jeunes créateurs d’entreprises technologiques.

Prévu pour une durée de douze ans, le fonds ATI devrait réaliser une vingtaine d’investissements avec des tickets d’un montant se situant entre 0,5 et 0,8 million par société.  Avec ce fonds concentré sur la structuration et l’accompagnement de jeunes sociétés sur leurs deux premières années d’existence, il s’agit d’amener les sociétés jusqu’à un stade critique pour susciter l’intérêt d’autres financeurs. « L’idée est bien sûr d’accélérer le transfert de technologie », rappelle le directeur financier du CEA, Christophe Gegout, mais aussi de permettre aux projets retenus de disposer d’un « accès au patrimoine matériel et immatériel du CEA » (plate-formes, expertises, laboratoires, propriété intellectuelle…). Enfin, la création de ce nouveau fonds marque un renforcement de l’action du CEA en faveur de la création d’entreprises innovantes. Alors que CEA Investissement a financé l’amorçage de 35 sociétés depuis sa création en 1999, Régis Saleur (photo), chargé de la gestion du fonds ATI pour CEA Investissement, souligne « une nette accélération depuis cinq ans, 23 des 35 sociétés financées l’ayant été dans cette période.»


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