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La biologie de synthèse en 2013
Acteurs et Secteurs

La biologie de synthèse en 2013


Plus de 500 universités, sociétés, organismes et laboratoires de recherche dans le monde mènent des travaux de recherche sur la biologie de synthèse, selon le dernier rapport Tracking the growth of synthetic biology findings for 2013 réalisé par le Woodrow Wilson International Center for Scholars. Alors que l’étude confirme qu’aujourd’hui les principales applications évaluées concernent la médecine, la chimie fine, les carburants et les plastiques, ses résultats indiquent qu’un nombre croissant de sociétés s’implique dans la biologie de synthèse. En 2009, ces travaux étaient majoritairement concentrés dans le secteur public et on dénombrait ainsi 61 sociétés et 127 universités actives dans ce domaine. Ces nombres sont  maintenant quasiment équivalents entre secteur public et secteur privé avec 192 sociétés et 204 universités en 2012. La progression est particulièrement marquante en Europe, où leur nombre a été multiplié par six en l’espace de trois ans (sept sociétés en 2009 et 43 en 2012). Le retard reste néanmoins important sur les Etats-Unis qui en comptent 131 en 2012 contre 54 en 2009.

En Europe, la communauté de la biologie de synthèse se concentre sur le Royaume-Uni, avec 37 acteurs (sociétés, universités, laboratoires…), et l’Allemagne (27) suivis ex aequo par la France et la Suisse (11). Il est d’ailleurs utile de rappeler que la biologie de synthèse fait partie des thématiques prioritaires mises en avant par l’agence britannique pour l’innovation, le Technology Strategy Board. En juillet dernier, un comité d’experts britanniques a proposé au gouvernement, qui l’a acceptée, une feuille de route ” A synthetic biology roadmap for UK”  centrée sur les conditions scientifiques, technologiques, réglementaires et éthiques du développement des applications industrielles de la biologie de synthèse au Royaume-Uni. Ces recommandations ont notamment conduit à l’annonce en novembre dernier d’une enveloppe de 20 millions de livres pour le financement de plusieurs grands projets de recherche en biologie de synthèse via le Conseil pour la recherche en biotechnologie et sciences biologiques (Biotechnology and Biological Sciences Research Council –  BBSRC). En France, une démarche similaire a été entreprise avec la présentation en février 2012, par l’actuelle ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso, alors députée de l’Isère et membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), d’un rapport détaillé sur Les enjeux de la biologie de synthèse. Outre une concentration des moyens et l’organisation de coopérations de recherche entre les principales plateformes françaises (Paris, Genopole d’Evry, Toulouse, Bordeaux, Grenoble et Strasbourg), ses recommandations ont notamment mis en lumière la nécessité de construire une filière integrée de la biologie de synthèse, depuis la formation jusqu’à la production de lignes pilotes pour l’industrie et de favoriser la mise en réseau européenne, notamment via les programmes ERAnet. Un premier appel à projets transnational sur la biologie de synthèse vient d’ailleurs d’être lancé dans le cadre de l’ERANET EraSynBio. Ici, les projets de recherche  visent à encourager des recherches interdisciplinaires et devront porter sur le génie métabolique, les circuits de régulation, les nanobiotechnologies ou encore sur les génomes minimaux. Le dépôt des dossiers  est ouvert jusqu’au 26 août prochain.

 

 


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