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Une semaine active sur le front des accords
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Une semaine active sur le front des accords

Au moment où la grand messe annuelle des biotechnologies, BIO, vient de se clôturer à Boston sur un record, avec la réalisation de près de 25 300 rendez-vous d’affaires en quatre jours, c’est sur cette scène privilégiée que les pôles de compétitivité Lyonbiopole et Alsace BioValley ont choisi d’annoncer leur accord de collaboration avec le Consortium québecois pour la découverte de médicaments (CQDM). Ce nouvel accord prolonge une première alliance déjà instaurée depuis novembre 2010 entre le pôle alsacien et le CQDM et se propose maintenant de faciliter le développement de projets de recherche biomédicale entre les trois partenaires. Chaque projet de collaboration tripartite retenu pourra ainsi se voir accorder jusqu’à 1,4 million de $ sur trois ans. Des premiers contacts entre Français et Québecois ont été établis à l’occasion de cette session de BIO et un prochain rendez-vous est maintenant prévu à Lyon en novembre prochain.

Dynamiques Genfit et Vivalis

Alors que la semaine écoulée a été marquée par l’annonce d’une vingtaine d’accords dans le secteur biopharmaceutique européen, deux biotech françaises, Genfit et Vivalis, continuent à démontrer leur dynamisme. La première vient de conclure un accord de collaboration avec la CRO Imabiotech et progresse pour la réalisation simultanée en Europe et aux Etats-Unis d’une étude de phase 2b dans la stéatohépatite non alcoolique (NASH – non-alcoholic steatohepatitis) avec sa molécule phare, le GFT505. Après avoir reçu des réponses favorables de l’agence européenne du médicament en avril dernier, la société s’apprête maintenant à déposer avant la fin juin la demande d’autorisation de cet essai clinique auprès de la FDA.

Du côté de Vivalis, on notera que l’heure est à l’élargissement du portefeuille de clients dans le domaine vétérinaire et de sa zone de présence. Après avoir signé deux accords en 2011 sur l’évaluation et l’application de sa  lignée cellulaire EB66® (cellules souches embryonnaires de canard) à la production de vaccins vétérinaires, l’un avec le leader mondial de la santé animale Merial et l’autre avec un partenaire non cité,  Vivalis commence à implanter sa technologie en Amérique du Sud. La société nantaise vient ainsi de signer un accord de licence avec un laboratoire vétérinaire péruvien, Farvet Farmacológicos Veterinarios pour le développement et la commercialisation d’un maximum de trois vaccins vétérinaires, produits sur la lignée EB66®.

Partenariats public-privé

Les accords de partenariat entre industriels et acteurs publics de la recherche ont aussi eu le vent en poupe cette semaine. Le danois Bavarian Nordic (photo), déjà doté de contrats avec le gouvernement américain pour la fourniture de vaccins contre la variole, vient cette fois de signer un accord avec une des branches des National Institutes of Health (NIH), le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) pour le développement de candidats vaccins utilisables dans le contexte d’attaques bioterroristes. L’américain Heptares a, quant à lui, choisi de prolonger et d’élargir sa collaboration avec les laboratoires du Medical Research Council britannique sur l’un des familles de cibles thérapeutiques fortement prisées par l’industrie pharmaceutique, les récepteurs couplés aux protéines G.

Au niveau de la big pharma, on relèvera le partenariat entre Sanofi et le Joslin Research Center dans le domaine du diabète. La collaboration porte sur le développement de nouveaux médicaments qu’il s’agisse de petites molécules relevant de la chimie classique ou de produits biologiques pour le traitement des complications du diabète. Figurent aussi au coeur de l’accord le développement de nouveaux analogues d’insuline comme les questions de la résistance à l’insuline. Outre-Manche, on notera également l’initiative associant l’université de Cambridge et GSK. Ici, les deux partenaires ont fait le choix de l’open innovation, avec le regroupement d’équipes issues du groupe pharmaceutique et de l’université sur le campus Stevenage Bioscience Catalyst (voir photo) qui a vocation à faciliter le rapprochement entre chercheurs académiques, industriels de la pharma et PME des sciences de la vie.

Biomarqueurs cinétiques, diagnostic compagnon…

Autre initiative annoncé cette semaine par GSK, la conclusion d’un accord avec le californien Kinemed pour le développement de biomarqueurs cinétiques pour l’aide à la décision lors du développement clinique de produits destinés au traitement des problèmes de fibrose, de pertes musculaires et des maladies métaboliques. Plus “classique”, l’accord signé par Epigenomics et le laboratoire américain Companion Dx Reference Lab confère à ce dernier une licence non exclusive pour la commercialisation de son test basé sur le biomarqueur Septin9 (ou Epi proColon) pour le dépistage du cancer colorectal.

Suisse en pointe

Chez nos voisins helvètes, le groupe Debiopharm, actif depuis 2008 dans le domaine de la médecine personnalisée et du diagnostic compagnon, a conclu un accord de licence exclusif avec deux sociétés spécialistes du diagnostic moléculaire, le suisse Biocartis et l’australien Immunexpress pour le développement et la commercialisation d’un test de diagnostic précoce du choc septique. Destiné à être utilisé dans des unités d’urgence et de soins intensifs, le test est basé sur une technologie d’Immunexpress permettant la quantification de plusieurs marqueurs de la réponse immunitaire. Ce même Debiopharm a également signé cette semaine un accord avec le chinois Ascepion Pharmaceuticals pour le développement et la commercialisation d’un inhibiteur de kinases en cours de développement pré-clinique pour des applications dans le domaine du cancer.

Du côté de Roche et de Genentech, l’heure est à la fidélité et à l’exploration de domaines thérapeutiques difficiles et/ou encore très explorés. Genentech, entré dans le champ de la maladie d’Alzheimer via l’accord conclu en décembre 2006 avec le suisse AC Immune, a choisi de lui renouveler sa confiance. Les deux sociétés ont signé un nouvel accord pour le développement d’anticorps dirigés contre la protéine tau, impliquée dans différentes maladies neurodégénératives dont la maladie d’Alzheimer. Du côté de la maison mère de Genentech, les regards se tournent vers le syndrome de l’X fragile et vers les syndromes autistiques au travers de l’accord intervenu avec l’américain Seaside Therapeutics pour le développement de composés capables d’inhiber un récepteur présent dans le cerveau, le récepteur mgluR5.

Epigénétique, inhibiteur JAK, peptides riches en liaison disulfure…

Enfin, on remarquera, parmi les accords de R&D annoncés cette semaine, la coopération signée par le britannique Cell Centric et le néerlandais Zobio. Il est question ici d’un domaine particulièrement complexe, celui de l’épigénétique et donc de l’étude de l’influence de l’environnement cellulaire et physiologique sur l’expression des gènes (Ici, les modifications de l’expression des gènes sont associées à des changements qui ne sont pas codés par la séquence d’ADN elle-même). Alors que des mécanismes épigénétiques ont été associés au développement de certains cancers, les travaux des deux partenaires visent à développer des composés dirigés contre des cibles épigénétiques identifiées par Cell Centric (inhibiteurs d’histones méthyltransférases ou d’enzymes agissant via une ubiquitination…). Chez AstraZeneca, l’accord signé avec l’américain Rigel Therapeutics porte sur le développement d’un candidat au traitement de l’asthme chronique, le R256, capable d’inhiber des cytokines pro-inflammatoires dans des modèles animaux.  Du côté du danois Zealand Pharma, spécialisé dans la R&D de peptides médicaments, l’ordre du jour est à l’étude des applications thérapeutiques des peptides riches en liaisons disulfures avec son nouveau partenaire américain, Protagonist Therapeutics. Si les domaines thérapeutiques visés n’ont pas été révélés, on notera néanmoins que Protagonist Therapeutics a déjà développé un portefeuille d’antagonistes d’une cytokine inflammatoire impliquée dans la polyarthrite rhumatoïde, l’interleukine-6.

…Vous pouvez retrouver plus de détails sur ces accords et bien d’autres informations sur le secteur biopharmaceutique européen dans les cinq bases de données de BioPharmAnalyses. Celles-ci sont accessibles aux abonnés à partir de la rubrique Produits et Sociétés et concernent les études cliniques, les accords, les levées de fonds, les rachats et la vie réglementaire des produits.

Anne-Lise Berthier, rédactrice en chef de BioPharmAnalyses

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