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Une nouvelle phase de développement pour Genopole
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Une nouvelle phase de développement pour Genopole

Sous la direction de Jean Marc Grognet, arrivé à la tête de Genopole en février dernier, le pôle francilien des sciences de la vie se mobilise pour renforcer sa politique d’accueil des entreprises. De nouvelles initiatives sont mises en place pour aider porteurs de projets et entrepreneurs à transformer leurs idées en innovation, à accélérer la croissance de leurs sociétés et à amplifier leur internationalisation, sans oublier le développement du cadre de vie génopolitain.

Quelle est votre vision de la mission de Genopole ?

Jean-Marc Grognet, directeur de Genopole : Les activités génopolitaines sont basées à 80 % sur l’ADN et le gène. L’objectif est de continuer à construire le biocluster autour d’un triangle de la connaissance associant formation, recherche et industrie sur un périmètre géographique le plus resseré possible. Aujourd’hui, Genopole compte 86 entreprises, 24 plateformes mutualisées et 19 laboratoires académiques qui représentent près de 2500 emplois directs et bénéficie de la proximité du Centre Hospitalier Sud-Francilien d’Evry avec ses 1000 lits.

Le plan stratégique Genopole 2025 vise à atteindre 130 entreprises et 4000 salariés sur le site. Quelles actions nouvelles ont été mises en place pour inciter les porteurs de projet et les entrepreneurs à choisir le biocluster francilien ?

Jean-Marc Grognet : En 2016, 15 nouvelles entreprises ont rejoint Genopole et nous avons un flux régulier de sociétés qui, soit naissent ici à la pépinière gerée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Essonne, soit veulent se développer dans nos hôtels d’entreprises. A l’avenir, trois actions majeures vont structurer notre politique d’accueil des entreprises. Nous venons de lancer l’opération Shaker, qui vise à donner à des jeunes créateurs d’entreprise (élèves sortant d’écoles d’ingénieurs, doctorants, post-doctorants…) l’opportunité de consolider une preuve de concept sur des projets très innovants et « décoiffants ». Cette opération est originale et inédite, à ma connaissance, dans le secteur des biotech en France car nous nous positionnons très en amont par rapport à la création d’entreprise. Nous offrons la possibilité à des porteurs de projets innovants sans cadre pour développer leur recherche d’intégrer un laboratoire pour démontrer que leur idée peut donner naissance à une société, à un produit, à un procédé nouveau. Genopole leur founira pendant six mois matériels de base, équipements, réactifs et un accès aux plateformes technologiques du cluster à des conditions privilégiées. Ils pourront aussi bénéficier d’une sensibilisation au monde de l’entreprise dans le cadre de journées de formation et de contacts avec des chercheurs plus chevronnés pour recueillir leurs conseils. Les premiers bénéficiaires du Shaker seront annoncés fin septembre et un deuxième appel à candidatures sera lancé début 2018, l’objectif étant d’aboutir à des promotions de cinq projets deux fois ans.

Nous souhaitons aussi créer un esprit collectif et sortir l’entrepreneur de sa solitude de coureur de fond avec notre deuxième initiative baptisée Booster. Cette opération s’adresse à des sociétés en cours de création ou créées depuis moins de deux ans afin qu’elles puissent consolider leur projet et accélérer leur croissance. Nous visons aussi deux promotions de sept tous les ans dans les domaines d’activité de Genopole (médecine personnalisée, séquençage et génomique, thérapie génique, thérapie cellulaire, biologie de synthèse, biotechnologies pour l’environnement). Les entreprises candidates seront évaluées par un jury d’experts indépendants. Celles-ci bénéficieront d’un parcours de formation spécifique et structuré autour des biotechnologies (propriété intellectuelle, réglementation…) et auront la possibilité de faire appel à des consultants spécialisés pour identifier leurs points les plus fragiles. Ce dispositif leur sera proposé pour une durée d’un an, renouvelable une fois.

Enfin, nos préoccupations sont aussi liées à la taille des entreprises de biotechnologie qui, souvent en France, ont des difficultés à croître et à franchir les seuils de 50 ou de 200 salariés. Notre troisième action se concentrera sur cet objectif et un programme est actuellement en cours de montage pour proposer des solutions aux entrepreneurs sur site.

Quelles sont les prochaines actions de Genopole au niveau international ?

Jean-Marc Grognet : Le plan stratégique Genopole 2025 met l’accent sur une meilleure connaissance du concept de « Genopole » à l’international. Nous sommes en train d’identifier au niveau mondial des bioclusters « frères » ayant des caractéristiques similaires aux notres pour favoriser des échanges de bonnes pratiques et pour organiser des échanges entre nos entreprises. Il ne faut pas oublier que nos entreprises sont souvent petites et n’ont pas les moyens de se lancer dans l’internationalisation. Notre objectif est de les aider à trouver des partenaires et à s’implanter à l’international sans avoir à réaliser des investissements importants. Un accord vient d’être signé avec le cluster québecois Neomed qui regroupe une cinquantaine d’entreprises sur deux sites à Montréal et d’autres partenariats seront annoncés dans l’année.

Le site génopolitain abrite aussi le Centre de Recherche Clinique et Translationnelle sud-francilien (CRCT). Quels sont les prochains développements prévus ?

 Jean-Marc Grognet : Le CRCT abrite aujourd’hui l’I-Stem (Institut des cellules Souches pour le Traitement et l’Etude des maladies Monogéniques), laboratoire créé par Marc Peschanski et dirigé maintenant par Cécile Martinat. Deux autres équipes de recherche (équipe mixte Inserm-Université Paris Sud et équipe Inserm-Généthon) qui conçoivent des médicaments innovants dans les domaines de la thérapie cellulaire ou de la thérapie génique vont rejoindre prochainement le centre. Celles-ci pourront notamment s’appuyer sur la présence d’Yposkesi sur le même site. La société qui a été créée conjointement par Bpifrance et l’AFM-Téléthon dispose d’une unité GMP pour la production de médicaments de thérapie génique.

Le batiment comprend aussi un hôtel à projets capable d’accueillir cinq sociétés souhaitant utiliser le matériel et les technologies présentes pour développer un produit de thérapie génique ou un produit de thérapie cellulaire et nous visons des premières installations d’entreprises dès 2018.

Genopole met aussi l’accent sur la notion de « pôle de vie ». Quelles sont les dernières initiatives en ce sens ?

Jean-Marc Grognet : Genopole a dépassé l’esprit pionnier et la vie de site associée au cluster qui abrite beaucoup de petites entreprises doit être développée. Aussi, nous avons favorisé la création, l’année dernière, de l’Escale, association qui regroupe maintenant 295 adhérents et propose des activités de loisirs à l’ensemble des employés du site, de l’hôpital et de l’université d’Evry. Un pôle de vie abritant une crèche de 60 berceaux et un hôtel pour jeunes actifs (stagiaires, doctorants…) est aussi en cours de construction et va ouvrir ses portes en septembre prochain.

Propos recueillis par Anne-Lise Berthier.

 

Genopole en chiffres :

  • 86 entreprises labellisées Genopole
  • 24 plateformes et infrastructures mutualisées (biologie de synthèse, histologie, imagerie, microscopie, spectrométrie, modélisation, biobanques….)
  • 19 laboratoires académiques (CEA, CNRS, Inserm, Inra, Université d’Evry Val d’Essonne, Université Paris-Sud)
  • 2500 emplois directs

(Publié le 21 juillet 2017)

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