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BioPharmAnalyses n°138
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BioPharmAnalyses n°138

  • Bpifrance : 339 millions d’euros pour la santé en 2015
  • Les biotech retrouvent la Bourse
    Quantum Genomics s’attaque à l’insuffisance cardiaque
  • Acticor Biotech progresse vers la clinique
  • Stéphane Thiroloix, nouveau président de Polepharma
  • Daniel Ludet, nommé déontologue de la HAS

 

Bpifrance : 339 millions d’euros pour la santé en 2015

Depuis sa création en 2012, Bpifrance est devenu un investisseur majeur du secteur français de la santé. En 2015, la banque publique d’investissement a alloué 339 millions d’euros aux domaines de la pharma-bioindustrie et des technologies médicales, contre 232 millions d’euros en 2014.
Sur ce montant global, 206 millions d’euros ont été consacrés au financement de 493 projets contre 187 millions d’euros pour 514 projets en 2014. Parallèlement, Bpifrance a dou- blé son investissement dans le secteur, passant de 66 millions en 2014 à 133 millions d’euros en 2015, via quatre de ses fonds (Fonds national d’amorçage, Fonds Innobio, Fonds Large

Venture et Fonds Sociétés projets industriels).

Le domaine pharma-bioindustrie reste le plus consommateur de fonds, avec des financements de 108 millions pour 177 projets tandis que les technologies médicales ont mobi- lisé 99 millions d’euros sur 315 projets. Dans le domaine pharma-bioindustrie, près de 40% des financements ont été alloués via des aides à l’innovation sous la forme de subventions, d’avances récupérables, de prêts à taux zéro, de soutien via le Concours mondial de l’innovation ou le FUI (Fonds unique interministériel) pour les projets collaboratifs portés par les pôles de compétitivité. L’essentiel de ces aides a été con- sacré au développement thérapeutique (62 % des aides – 25,4 millions pour 98 projets), suivis à égalité par le diagnostic et les marqueurs biologiques (14% des aides – 2,8 millions pour 22 projets) et les outils de recherche biologique et pharmacologique (14% des aides – 2,7 milli- ons pour 22 projets). Au niveau des aires théra- peutiques, on retrouve la prédominance du trio cancérologie (9 millions d’euros) ; infectiologie (6,2 millions d’euros) et neurologie (3,4 milli- ons d’euros).

Parallèlement, l’essentiel des 133 mil- lions investis par Bpifrance en 2015 a contribué au renforcement des fonds propres des entrepri- ses, au travers des 121 millions d’euros fournis par les fonds Innobio, Large Venture et Sociétés de projets industriels. Les 12 millions restants sont des financements d’amorçage distribués via les fonds abondés par le Fonds national d’amorçage (FNA).

Alors que ces montants positionnent Bpifrance parmi les principaux investisseurs du secteur en France, sa place devrait encore s’accroître en 2016. C’est en effet la banque publique d’investissement qui gère les nou- veaux fonds du Programme des investissements d’avenir qui doivent être déployés tout au long de l’année. Dans les domains de la santé, il s’agit notamment du fonds Innobio 2 en parte- nariat avec la pharma qui succèdera à Innobio 1 arrivé à la fin de sa phase d’investissement à l’automne 2014 (BioPharmAnalyses n°77), du FABS (fonds Accélération Biotechnologies Santé) doté de 340 millions pour accélérer le développement de projets issus des instituts hospitalo-universitaires (IHU) et des instituts de recherche technologique (IRT) et du fonds PSIM pour les lauréats de la phase 3 du Concours Mondial d’Innovation.

 

La biotech française retrouve le chemin des marchés

Alors que le premier semestre 2016 a marqué un coup d’arrêt après deux années intenses d’introductions en bourse, la place parisienne vient d’enregistrer la cotation de ses premières biotech françaises, de l’année, Gen- sight Biologics et Pharnext.

Une troisième société, Inventiva, vient quant à elle, de déposer son document de base.

Après deux trimestres très calmes où la Bourse de Paris a accueilli le suisse Geneuro, spécialiste du développement de traitements des maladies neurologiques et des maladies autoim- munes et le belge Asit Biotech, spécialiste du traitement des allergies, le français Gensight Biologics devient la première société de théra- pie génique introduite en Bourse en Europe.

Gensight Biologics vient ainsi de lever 40 millions d’euros sur Euronext Paris, ce qui représente une capitalisation boursière de 148,9 millions d’euros et un flottant s’élevant à 20 % du capital. Le montant de l’augmentation de capital pourra être porté à 45,9 millions en cas d’exercice de l’option de surallocation qui est ouverte jusqu’au 11 août prochain. La capitali- sation boursière de Gensight Biologics attein- drait alors 154,8 millions d’euros, avec un flottant de 23 %.

Si le prix d’introduction fixé à huit euros se situe dans la fourchette basse établie en 7,80 et 9,20 euros, l’opération s’est déroulée dans un contexte mouvementé, au lendemain d’un Brexit qui a secoué l’ensemble des places boursières mondiales. Outre Bpifrance qui a investi 14,5 millions d’euros, l’opération a aussi reçu le soutien de plusieurs de ses investisseurs historiques, à l’instar du suisse Novartis, des fonds européens Abingworth, Healthcap, Vita- vest, du fonds israelien Sphera et des fonds américains Fidelity, Jennison, Perceptive et Versant.

Les fonds levés seront utilisés pour finaliser le développement clinique du GS010 dans la neuropathie optique héréditaire de Leber et pour financer l’entrée en clinique du GS030 dans la rétinite pigmentaire. Le premier est actuellement en phase 3 aux Etats-Unis et les premiers résultats de phase 1-2 montrent une amélioration sensible de l’acuité visuelle chez des patients ayant développé la maladie depuis moins de deux ans. Le second doit entrer en phase 1 au 1er trimestre 2017 et vient d’obtenir le statut d’orphelin dans cette indication en Europe (BioPharmAnalyses n°137).

Quelques jours plus tard, Pharnext a, quant à lui, levé 30,9 millions d’euros grâce à son introduction sur Alternext Paris, à un prix unitaire de 10,82 euros, également en bas de fourchette. L’opération valorise la société à hauteur de 117 millions d’euros et a reçu le soutien de six nouveaux investisseurs. Aux côtés de trois investisseurs existants, Truffle Capital, Zaka et Ipsen, qui ont engagé 8,3 millions d’euros, la Financière Arbevel a appor- té cinq millions d’euros à l’augmentation de ca- pital, auxquels se sont ajoutés 9,3 millions fournis par le groupe belge Galapagos, le groupe Dassault, l’Institut Mérieux, Claude Berda et Michel de Rosen. L’ancien pdg de Viropharma racheté par le britannique Shire fin 2013 est le nouveau président du conseil d’ad- ministration de Pharnext depuis avril dernier.

Créée il y a dix ans par le professeur Daniel Cohen, Pharnext développe des candi- dats au traitement de maladies neurodégénérati- ves en se basant sur un concept simple. Il s’agit de raccourcir la durée du développement en utilisant des combinaisons de médicaments déjà autorisés et agissant sur des cibles différentes. La plateforme mise au point par Pharnext repose d’abord sur la réalisation de réseaux des cibles thérapeutiques possibles dans une indica- tion donnée et à ce jour, 26 réseaux de maladies ont été reconstruits. Une première sélection de combinaisons est ensuite effectuée à partir du criblage in silico des 2 000 médicaments déjà disponibles. Les associations retenues sont testées in vitro et in vivo pour déterminer les combinaisons synergiques.

Les fonds levés en Bourse serviront à financer la poursuite du développement clinique de ses deux combinaisons les plus avancées, PTX3003 et PTX864. Dans le cas du PTX3003, qui est une trithérapie combinant naltrexone, baclofène et sorbitol utilisés à des doses dix à cent fois inférieures aux doses actuellement au- torisées, il s’agit de finaliser l’étude de phase 3 (étude PLEO-CMT) lancée en décembre dernier dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 1A chez l’adulte, et de préparer l’étude pé- diatrique. Ici, l’effet synergique de la combinai- son réduit l’expression du gène PMP22 et les tests menés sur un modèle animal montrent une accélèration de la récupération de la paralysie.

Les résultats de cette phase 3 menée sur 300 patients sont prévus pour la 2ème moitié de 2018, avec une évaluation intermédiaire fin 2017. Dans le cas du PTX864, qui est une association de baclofène et d’acamprosate, les fonds seront utilisés pour le lancement d’une étude de phase 2b dans la maladie d’Alzheimer. Celle-ci est prévue au 2ème semestre de l’année prochaine pour des résultats attendus pour 2019-2020.

Enfin, la prochai- ne société française candidate à une cotation sur Euronext Paris, Inventiva, a enregistré son do- cument de base auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en date du 8 juillet. Créée en 2012, Inventiva est issue de la reprise des activités de recherche d’Abbot-Fournier à Daix, et son expertise est centrée sur le dévelop- pement de médicaments actifs sur les récepteurs nucléaires, les facteurs de transcription et la mo- dulation épigénétique pour le traitement de la fibrose, de cancers et de maladies orphelines.

La société, forte d’une chimiothèque de plus de 240 000 molécules et de modèles cellu- laires de la fibrose, a développé l’IVA337 dont l’action permet d’activer les trois sous-types de PPAR α, γ et δ (récepteur activé par les prolifé- rateurs de peroxysomes α, γ et δ) pour ralentir et interrompre la progression de la fibrose. Deux indications sont visées, le traitement de la stéa- tohépatite non-alcoolique (NASH – Non-Alco- holic SteatoHepatitis) et la sclérodermie systémique. L’IVA337 dispose du statut d’or- phelin dans cette indication aux Etats-Unis et en Europe, où une étude de phase 2b est en cours. Le premier patient a été recruté en janvier der- nier. Un deuxième programme clinique est également en développement avec l’IVA336, candidat au traitement des trois formes de mucopolysaccharidoses.

Inventiva, qui a signé des partenariats avec Abbvie et Boehringer Ingelheim, a réalisé un chiffre d’affaires de 4,9 millions d’euros en 2015 (+48,5 %) et disposait d’une trésorerie de 22 millions d’euros au 31 décembre 2015.

 

Quantum Genomics s’attaque à l’insuffisance cardiaque

Quantum Genomics élargit son activité clinique à l’insuffisance cardiaque. Un nouvel essai de phase 2a, l’étude QUID HF, vient de débuter avec l’ouverture de trois premiers centres en France et en Norvège. Plusieurs doses de son produit lead QGC001vont être évaluées chez 75 patients insuffisants cardiaques chroniques à fraction d’éjection altérée dans le cadre de cette étude qui doit aussi se dérouler en Allemagne, en Norvège, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Avec cette nouvelle étude, Quantum Genomics vise à se positionner sur un marché évalué à 39 milliards de $ en 2015.

Parallèlement au lancement de ce nou- vel essai, Quantum Genomics prépare la publi- cation des résultats de l’étude de phase 2a menée dans l’hypertension artérielle avec son candidat QGC001. La molécule est un inhibiteur de l’aminopeptidase A, enzyme qui, en convertissant l’angiotensine II en angiotensine III au niveau du cerveau, contribue à augmenter la pression artérielle. Les résultats de cette étude de phase 2a, qui a inclus 30 pati- ents en France, devraient être disponibles à la rentrée.

Deux études de phase 2b sont maintenant en préparation et devraient être mises en place en Espagne et aux Etats-Unis sur des populations ciblées de patients hypertendus. Dans ce cadre, Quantum Genomics a ouvert un bureau à New York en mars dernier et un comité scientifique a été constitué pour le suivi de ses études cliniques aux Etats-Unis.

Ces travaux sont d’ores et déjà financés grâce aux 8,6 millions d’euros que Quantum Genomics a levé au printemps pour maintenir l’avance prise dans son développement et accé- lérer sa progression clinique pour l’insuffisance cardiaque.

 

Acticor Biotech progresse vers la clinique

vient de sécuriser une augmentation de capital de 1,4 million d’euros pour poursuivre le développe- ment préclinique et produire les premiers lots de son anticorps anti-plaquettaire, l’ACT-017. Cet anticorps candidat au traitement initial de l’accident vasculaire cérébral ischémique sévère cible une glycoprotéine impliquée dans l’agrégation des plaquettes sanguines humaines, la glycoprotéi-ne VI (GP VI). Les études déjà réalisées ont confirmé son affinité élevée pour la GP VI et son action inhibitrice sur l’agréga- tion des plaquettes sanguines humaines. Elles montrent également que l’inhibition de la GPVI ne présente pas de risque hémorragique particulier.

Le système d’expression de l’ACT-017 a maintenant été choisi et un accord de licence a été signé au début de l’année avec le façonnier Catalent pour l’utilisation de sa technologie GPEX®. Parallèlement, un accord a aussi été conclu avec Merck Millipore, qui assurera le développement du procédé de production et la fabrication des lots cliniques sur son site borde- lais de Martillac. Le lancement de l’étude de

phase 1 est maintenant prévu fin 2017, début 2018 pour l’ACT-017 qui pourra être utilisé, en association ou non, avec l’altéplase, activateur tissulaire du plasmininogène autorisé pour le traitement thrombolytique d’urgence.

Acticor Biotech a été créée en novem- bre 2013 sur la base des travaux de trois cher- cheurs de l’Inserm et de l’université Paris-Sud, Martine Jandrot-Perrus, Christian Gachet et Philippe Billiald. Début 2015, la société a déjà levé 0,59 million d’euros auprès de la platefor- me de financement participatif Anaxago qui s’est impliquée à nouveau dans cette augmentation de capital aux côtés de business angels et de l’association de recherche ARME- SA (BioPharmAnalyses n°93).

Acticor Biotech a également été lauréate du Concours mondial de l’innovation, avec une subvention de 200 000 euros et a obtenu une aide à l’innovation de 500 000 euros au début de l’année auprès de Bpifrance. Une nouvelle levée d’une dizaine de millions est aussi en préparation pour financer une première étude de phase 2a dans le traitement de l’AVC ischémique sévère. Cette étude sera réalisée dans des unités cérébrovasculaires spécialisées en Europe et aux Etats-Unis.

 

Stéphane Thiroloix,
nouveau président de Polepharma

Stéphane Thiroloix a été élu président du cluster de production pharmaceutique fran- çais Polepharma. Il succède à Guillaume Clé- ment, président de Leo Pharma qui a assuré un mandat de trois ans.

Stéphane Thiroloix est le directeur de Mayoly Spindler, laboratoire français indépen- dant spécialisé en gastroentérologie et en dermocosmétique.

Il a aussi occupé les fonctions de prési- dent Europe, Canada, Japon & Australie de la division « Advanced Surgical Devices (ASD) » de Smith & Nephew et il a été vice-président exécutif chargé du développement corporate (business développement et affaires juridiques, développement pré-clinique et clinique, affaires réglementaires) du groupe Ipsen.

 

Daniel Ludet,
nommé déontologue de la HAS

La Haute Autorité de santé (HAS) vient de nommer le magistrat Daniel Ludet au poste de déontologue. Son mandat, d’une durée de trois ans, débutera le 17 octobre prochain. Il sera garant des bonnes pratiques en matière de gestion des conflits d’intérêts au sein de la HAS et sera chargé de veiller au respect des obligati- ons de déclarations d’intérêts et de prévention des conflits d’intérêts qui s’imposent à la HAS. Ses missions prévoient qu’il propose à la gouvernance de la HAS les mesures d’organi- sation nécessaires au respect des obligations de déclaration des liens d’intérêts et de prévention des conflits d’intérêts.

Titulaire d’une licence en droit et d’un DES de Droit public, Daniel Ludet a été le directeur de l’Ecole nationale de la magistrature et a exercé différentes responsabilités au cabinet du Garde des Sceaux. Il a également été mem- bre du Conseil supérieur de la magistrature de 2011 à 2015 et était jusqu’à présent conseiller à la Cour de cassation.


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